J'ai rencontré le réalisateur Emmanuel Mouret
- Alice Joly
- 10 mai
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 juin
En me baladant à Paris du côté de République, je suis tombée par hasard sur une jolie boutique spécialisée dans le cinéma, nommée Potemkine. Intriguée, j'y suis entrée. J'y ai découvert un lieu remplis de DVD en tout genre, autant de nouveautés que de films que l'on oubliera jamais. Une affiche attira mon regard. Elle annonçait la présence le soir même du réalisateur Emmanuel Mouret, pour un moment de discussion-débat, et une séance de dédicaces dans la boutique. En tant que grande admiratrice de ce réalisateur, j'étais un peu émue, car il était juste devant moi, et je pensais à mon père, le premier à m’avoir fait découvrir ses films.

Un parcours autodidacte et singulier
Emmanuel Mouret est né dans une famille qui ne lui a presque jamais parlé de cinéma. Sa culture cinématographique, il se l’ai forgé lui-même. “Jamais on ne m’a emmené au cinéma quand j’étais jeune”, confiait-il lors de la rencontre. Contrairement à de nombreux réalisateurs ayant baigné dès leur enfance dans le monde du cinéma, Mouret a donc découvert cet art en solitaire. Issu d’un milieu modeste, il a choisi de se former à la FEMIS, école prestigieuse de cinéma, où il a étudié la réalisation pendant quatre ans. Cette formation lui a ouvert les portes de l'industrie. En 1999, à sa sortie d’école, son premier court-métrage Promène-toi donc tout nu est projeté en salle. Ce film est d’ailleurs toujours disponible gratuitement en ligne sur le site d'Arte :)
Des inspirations multiples
Ce qui rend les films d’Emmanuel Mouret si spéciaux, c’est la diversité de ses inspirations. Il parle souvent de films qu’il a adorés, et qui ont nourri sa propre vision du cinéma. “Les films qu’on aime, on s’en inspire, et on a envie de les recréer”, disait-il. Parmi ses influences, il y a la Méditerranée, avec des films comme ceux de Marcel Pagnol, qui l’ont marqué dès son enfance. Il évoque aussi son amour pour le cinéma italien, avec ses ambiances chaleureuses et colorées. Mais surtout, il admire des réalisateurs comme Éric Rohmer, dont les films traitent des relations humaines avec une subtilité qu’il cherche à reproduire dans ses propres œuvres. Il cite aussi Woody Allen, pour son exploration des émotions, et la finesse de ses dialogues.
L’amour et le désir au cœur de son cinéma
Le cinéma d’Emmanuel Mouret pose de nombreuses questions sur l’amour et le désir humain. “À partir du moment où on s’intéresse au désir, on s’intéresse aux règles, aux usages, à la morale, dans une société”, expliquait-il. Dans ses films, il ne se contente pas de montrer des histoires d’amour, il explore les émotions, les hésitations, les questionnements. Pour lui, l’amour, c’est une idée qu’on pense connaître, mais quand on essaie de l’expliquer, il devient difficile à saisir. Il compare cela à ce que disait Saint-Augustin à propos du temps : “Tout le monde sait ce que c’est, mais dès qu’on essaie de l’expliquer, plus personne ne sait vraiment”.
Son dernier film : Trois amies
Si vous ne l’avez pas encore vu, je vous recommande vivement son dernier film, Trois amies, qui est sorti en salles récemment. Ce film est une nouvelle fois fidèle à son style : une exploration délicate et sincère des relations humaines, qui se concrétise à travers les visions, singulières, de trois amies. C’est l'occasion parfaite de se plonger dans son univers sensible, délicat et réfléchi.








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