J'ai participé à un chantier participatif sur l'île de Ré
- Jules Bichet

- il y a 11 minutes
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J’ai rejoint avec Alice une trentaine de bénévoles à la ferme Douceur des Sables de Rivedoux-Plage. Ensemble un après-midi de novembre. Nous avons aidé Élisabeth a arraché des milliers de plants de fraises en fin de cycle. Une expérience qui m’a fait toucher du doigt la réalité du travail agricole sur l’île de Ré.

Un chantier pour préparer la nouvelle saison
Le but du chantier est d'aider Élisabeth, agricultrice en Charente-Maritime, à retirer les plants de fraises arrivés en fin de cycle. Sur son exploitation, les fraisiers suivent un rythme de production de deux ans. Passé ce délai, il faut tout arracher pour préparer la saison suivante. Cette année, ce sont près de 4 000 plants qui devaient être sortis de terre. Le chantier a eu lieu le 15 novembre, dans un froid humide typique de la saison. Nous étions environ 35 bénévoles venus de tous horizons : agriculteurs, habitués des marchés locaux, membres d’associations, curieux et novices comme nous. Le tout dans le cadre du programme « Ramène ta fraise », qui encourage la participation citoyenne à l’agriculture locale.
Quatre heures de gestes répétitifs étonnamment libérateurs
Le chantier a duré plusieurs heures. Très vite, chacun s’est mis à l’ouvrage. Tirer les tapis de protection, décoller les bâches lourdes, arracher les plants à la force des bras : un travail simple en apparence, mais exigeant par sa répétition. Dans le froid, le souffle fait un peu de buée, mais la bonne humeur réchauffe, on rigole beaucoup. Les plus malins ont même trouvé quelques fraises rescapées, délicieuses petites surprises de novembre, je ne donnerai pas de nom.
Physiquement, c’est un vrai défouloir. Et pourtant, ce geste que nous faisons sur quelques heures, Élisabeth le répète pendant des jours, parfois des semaines, avant même de recommencer le cycle de plantation, d’entretien, de récolte.

Les ennemis invisibles du fraisier et des agriculteurs
L’après-midi a aussi été l’occasion d’en apprendre davantage sur les réalités du métier. Élisabeth nous a parlé d’une menace bien connue des producteurs de fruits rouges, Drosophila suzukii, une petite mouche originaire d’Asie qui est capable de pondre dans des fruits parfaitement sains. Élisabeth nous confie, « si un jour cette mouche arrive ici… eh bien vous faites vos valises, vous vendez tout et vous partez très loin ». Elle ajoute que, même si elle n’avait encore jamais eu à faire face à ce parasite, la simple possibilité suffit à créer un stress permanent chez les producteurs. Une fois infestées, les fraises deviennent invendables. Ce minuscule parasite cause chaque année des pertes colossales en Europe parfois des parcelles entières sacrifiées.
Élisabeth nous a aussi expliqué combien la fraise est un fruit fragile, très sensible aux variations de température et d’humidité. Les fortes chaleurs, de plus en plus fréquentes, ralentissent la production, le plant retient l’eau pour se protéger, les fleurs se dégradent, les rendements chutent.

Fin de journée, pot convivial et découverte de l’île
La journée s’est terminée autour d’un verre, d’un gâteau et d’une discussion. Nous sommes repartis avec de petits plants de fraises et la promesse d’une surprise dans nos boîtes aux lettres.
Après le chantier, on a fait du stop, et nous sommes allés jusqu’ Saint-Martin-de-Ré pour un chocolat chaud, crêpe, des boutiques, une balade qui me donne envie de revenir...








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